Ils ont marqué la vie du Stade Pontivyen #20

Chers amis,

Notre rubrique "ils ont marqué la vie du Stade Pontivyen".
Ce samedi, Philippe Hélary, entraîneur-joueur légendaire de la fin des années 80 et acteur majeur du renouveau sportif du club à l'époque, nous parle de son Stade et de ses années fastes sous nos couleurs...
Bonne et belle lecture  à tous !

 

  • Bonjour Philippe, pouvez-vous vous présenter ?

Philippe HELARY, 60 ans,  j’habite actuellement à Langueux dans les Côtes d’Armor et toujours marié à mon rayon de soleil. J’ai 2 enfants et 2 petits enfants. A 4 ans de la retraite.

  • Quel a été votre parcours footballistique ?

Langueux – Stade Briochin – Stade Pontivyen – AS Trégueux – CO Briochin – Langueux.

  • Présentez votre parcours Stadiste plus en détail ?

Arrivé en 1985 à Pontivy, sous la présidence de J.Y. BODIOU et avec J.P. BRUCATO (Ex-entraineur du Stade Briochin, Ex-pro du Stade de Reims et vainqueur de la Coupe de France avec le Stade Rennais). Jean-Pierre, hélas disparu aujourd’hui, est resté quelques mois à Pontivy. L’équipe A était en Promotion d’honneur, l’équipe B en Promotion de 2ème division et la C en 3ème Division district. Le club avait aussi une équipe junior. J’ai été merveilleusement accueilli pars des Morbihannais au grand cœur et une équipe dirigeante extraordinaire qui était alors composée de J.Y. BODIOU (Président) Robert TALDIR, Christian BOSCHER, René ROBIC (qui m’avait donné un réfrigérateur ainsi qu’une table pour m’installer), Jean EUZENOT et Alain MAPIHAN. J’entrainais les équipes séniors et  juniors et le samedi, j’allais encadrer aussi l’équipe junior. Je vous joins le calendrier de la première saison pour comprendre que le Stade Pontivyen était l’équipe à battre : Le Sourn, Guern, Guénin, Pluméliau... C’étaient des matchs disputés tous les dimanches devant une galerie de spectateurs impressionnante pour des matchs de PH.

La première année a été difficile, avec notamment un match arrêté à Plumieux, où l’on se changeait dans une ancienne porcherie comme vestiaire, certains s’en rappelleront.

L’équipe Première a été 2ème du championnat les deux premières années. Les équipes Séniors B, C et Juniors sont montées la deuxième année. Le train était en marche et il fallait absolument sortir l’équipe A de ces derbys.

En 1987, L’effectif avait été sérieusement étoffé avec des arrivées de joueurs qui n’avaient rien à faire en PH dont un extra-terrestre que je connaissais, à savoir un certain Stéphane LUCAS. Le 15 novembre 1987 restera dans les annales du club lorsque Philippe TURPIN s’élance pour tirer le pénalty après prolongation pour l’élimination en Coupe de France du D.C. Carhaix (Division 4) devant plus de 800 spectateurs. Nous avons ensuite perdu à St-Malo (Division3) 4-0 avec 300 spectateurs dans nos bagages venus de Pontivy.

C’est l’année des 4 montées A, B, C, D, avec l’accession en DRH pour la A, avec  un mémorable 3-0 contre l’A.S. Loudéac devant 1000 spectateurs à Pontivy. Tout cela grâce notamment à un fidèle du club, Claude CATANEO qui m’a énormément aidé par sa présence sur le banc et grâce aussi à son expérience.

En 1989, je garde en souvenir les 1700 spectateurs présents pour le derby GSI – Stade qui se termina sur un 0-0.

A 6 matchs de la fin du championnat, nous avions 3 points de retard sur le Stade Loudéacien. Il fallait tout gagner pour envisager un petit miracle. Notre magicien crucifie Loudéac (0-1) et permet la montée de l’équipe première en DSR, devant notre moyenne habituelle de plus de 500 spectateurs au Verdun. Nous avons laissé nos « amis » la G.S.I. derrière, à 10 points en DRH. Pour le Stade, les portes de la Division Supérieure Régionale s’ouvraient.

En 1990, Stéphane Lucas a pris les rênes du Club pour la première saison en DSR où il fallait digérer ces montées et voyager à Rennes.

Le début a été difficile mais le club a su maintenir le cap, l’équipe B a été dirigée par Loïc BELLEC.

En 1991, notre étoile partie, il fallait rebâtir et surtout se maintenir à ce niveau, la filière briochine nous a apporté un plus. Cette année-là, le derby pontivyen fut remporté 2 buts à 3, contre nos « amis », devant 1300 spectateurs. L’équipe B, drivée par mon ami Gilles JULE, accède à la Promotion d’honneur.

Le championnat se termine à la 2ème place derrière Locminé.

La finale de la Coupe de Bretagne se solde par une grosse défaite 7-2 face à Dinan, chez elle. Il faut savoir rebondir et les défaites en football nous font avancer.

En 1992, le 1er derby se solde par un nul 2-2 devant 2000 personnes, le 2ème 1-1 devant 3500 spectateurs. Une fois de plus nous terminons 2ème derrière la G.S.I.

Notre consolation aura été de gagner la Coupe CHATON et de voir l’équipe B monter en DRH, emmenée de main de maitre par Gilles JULE. L’équipe C était en Promotion de première, dirigée à cette époque par le maitre Jean-Pierre GUILLEMET – Roger ALIO, son buteur, et avec son dirigeant de cœur, Raymond JUET.

  • Votre meilleur souvenir ?

La Coupe de France contre le D.C. CARHAIX (une PH reçoit une D4 soit 4 divisions d’écart). Mais il y en a tellement eu d’autres ….

  • Votre pire souvenir ?

La double fracture tibia péroné de notre nordiste Thierry OLEJAR l’année des 4 montées.

  • Le meilleur joueur que vous ayez cotoyé au SP ?

Franck JEGOU, un buteur renard et Stéphane LUCAS, un magicien.

  • Lorsque l’on vous parle du SP, quels mots vous viennent à l’esprit pour décrire le club ?

Convivialité – Esprit de famille – valeurs humaines – amour du maillot Jaune et Noir

  • Que vous inspire le niveau sportif des différentes équipes du club actuellement ?

Après mon départ, le club a été confié à Gilles ROLLAND qui a été un excellent choix. Ce dernier a remporté la Coupe de Bretagne, fait monter le club en DH et combler le vœu de bon nombre de supporters. Les entraineurs suivants ont apporté leur pierre à l’édifice. Aujourd’hui, voir l’équipe A en N3 est une grande fierté. L’équipe C en R3 en 2020, permet de mesurer le chemin parcouru depuis 1985, par tous ces passionnés bénévoles, dirigeants et joueurs. BRAVO.

  • Une saison à retenir ?

Pour moi, à l’époque pontivyenne, c’est l’année des montées en 1988 qui fut un très grand moment avec une fête mémorable.

 

  • Que pensez-vous quand on évoque le centenaire du club ?

Quand je pense à ce siècle d’histoire, me vient à l’esprit le Stade Pontivyen contre Lille en 1953 où Jean EUZENOT me racontait son admiration pour F. CADOUX. Jean m’a dédicacé, un soir de montée, une affiche du Stade Pontivyen opposé à l’ U.S. Séné et pour moi cela n’a pas de prix. Etait écrit dessus : « Depuis 1971 j’ai rêvé aujourd’hui c’est arrivé ».

Le Club peut se vanter aussi de la victoire de la Coupe de Bretagne avec l’équipe de Gilles ROLLAND et sa montée en DH, le match fantastique disputé face à l’E.A.G. en Coupe de France et l’accession évidemment du club en  N3. Le club fait partie maintenant de l’élite bretonne. C’est une véritable fierté.

  • Une anecdote à nous raconter ?

Un dimanche de derby gagné contre la G.S.I. Notre Momo, Yannick Maurice est arrivé dans un café de Pontivy au milieu de supporters et de joueurs des deux camps avec une soutane de curé. Cela donne le ton de la rivalité des deux clubs, digne des films de Don Camillo. Les 3èmes mi-temps, à Pontivy, ont été et sont de purs moments de bonheur avec nos supporters (n’est-ce pas Didier VETEL ?).

  • Votre Onze de légende ?

Je ne peux pas vous le donner tant j’ai un profond respect pour mes joueurs de cœur. L’occasion de remercier tous les dirigeants, supporters, joueurs (ainsi que femmes du Stade), les entraineurs que j’ai eu la chance de côtoyer et de diriger. Tous, quel que soit l’équipe, ont participé et contribué à faire grandir ce club dans une ambiance extraordinaire pour lui donner au fils du temps, le niveau actuel.

  • Un dernier message ?

Le Stade Pontivyen a une vraie histoire. Porter ce maillot est une fierté et un honneur pour un joueur de football amateur. Il restera des combats à livrer mais l’avenir appartient à la jeunesse du Stade Pontivyen qui doit conserver ses valeurs et son histoire. (3 avants qui driblent, 3 demis costauds, 4 arrières solides et 1 bon goal dans les poteaux, halte halte là, les noirs et or…Les noirs et or sont là)

Questions décalées

Questions sur vos anciens coéquipiers :

Qui était les plus..

  • Le plus chambreur ?

J.Y. MAGUET, F. JEGOUX, J.C. LE BERRE

-      Le plus technique ?

S. LUCAS

  • Le plus joyeux ?

S. MORELLEC – S. TORIELLEC – C. TORIELLEC

-      Le plus intelligent ?

J.Y. BODIOU qui a su emmener le Club pendant cette période, un grand Président et un ami.

-     Le plus grincheux ?

J’avais mon Y. BUSNEL pas facile mais adorable.

  • Le plus professionnel ?

G. JULE en venant de BAUD nous a apporté une rigueur défensive, un sérieux, une expérience. Très pro, Gilles a une très grande part dans les résultats que nous avons eu.

       -      Le Roi de la 3ème mi-temps ?

 Très difficile de sortir un nom de la 3ème mi-temps, quand vous associez à la fête des Morbihannais : TOUCHARD, JEGOUX, MAGUET, LE NORMAND, HAMONIC, TURPIN, ROPERS, SAUTER, LE PRIELLEC (dit Peau de renard) B. GUILLOUX  (de toutes les campagnes) à des Costarmoricains : JOURDAN, MORICE, SQUIVIDANT, GEORGES, MORELLEC, PAITEL, HELLIO, HUET, LE BERRE et un Nordiste OLEJARS, et des supporters : Jean-Paul, Jean-Pierre, Didier VETEL…. Vous obtenez des soirées dantesques.

Je tranche, ma sélection : TOUCHARD, JEGOUX et J.C. LE BERRE mon voisin Trégueusien.

PARDON A TOUTES LES PERSONNES QUE JE N’AI PAS CITEES MAIS QUE JE N’OUBLIE PAS.